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Kijâtai est un·e artiste multidisciplinaire et un·e activiste. Iel est né·e à Val-d’Or d’une mère allochtone et d’un père autochtone de la nation Anishnabe de la communauté du Lac-Simon. Iel vit présentement dans les Laurentides.

En septembre 2021, Kijâtai a été la première personne boursière autochtone en journalisme à l’UQAM.

« J’ai cru longtemps qu’avec un parcours atypique comme le mien, l’université ne m’était pas accessible, confie Kijâtai à sa première année au baccalauréat en journalisme. Maintenant, je sais que c’est possible, qu’il y a une place pour nous, Autochtones, et qu’il faut juste arrêter d’essayer d’entrer dans un moule. »

À l’initiative du professeur de l’École des médias Patrick White, la Bourse Aontaiontenrohwe pour journalistes issus des Premières nations, Inuit ou Métis a pour objectif d’encourager des étudiant·e·s autochtones à faire le saut en journalisme tout en faisant la promotion de la diversité dans les salles de rédaction au Québec. Selon lui, Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo s’est illustré·e en raison de son implication sociale, artistique et médiatique. « Kijâtai a un grand avenir devant elle et c’est pour cela que la Bourse a été créée. »

Afin de parfaire ses connaissances en techniques cinématographiques, Kijâtai suit, en 2019, la formation du Wapikoni mobile donnée en collaboration avec l’École des médias et le Service aux collectivités.

Le Wapikoni mobile lui permet de raconter ses propres histoires et de faire des films à sa manière.

« C’est très thérapeutique comme processus. »

Son premier documentaire, Kabak (2019), l’amène à suivre des personnes en situation d’itinérance et un intervenant autochtone qui travaille auprès de ces dernières. « J’ai compris que ce que j’aimais, c’était de rencontrer les gens et de faire entendre leurs voix », précise Kijâtai.

Pendant la pandémie, iel réalise un projet plus personnel, Odehemin (Baie du cœur).

 « Je voulais exposer mes pensées tout en essayant de rejoindre l’autre. »

Le film parle de l’amour de soi ou, plus précisément, de la relation amour-haine que l’on entretient parfois avec soi-même.

Le court métrage a été présenté dans plusieurs festivals, dont le Hot Docs Festival, le Toronto Queer Film Festival et les Rendez-vous Québec cinéma. Kijâtai a aussi réalisé deux autres courts métrages, Kijâtai et Kimiwan, abordant des réalités autochtones d’un point de vue toujours tout aussi personnel.

D’ailleurs son film Odehimin qui représente la capacité à se reconnecter avec soi-même et à réapprendre à s’aimer, fait partie de la sélection des films/courts-métrages proposés à bord des vols d’Air Canada jusqu’en avril 2027.

Iel ne veut pas se limiter aux enjeux autochtones. « J’ai plus qu’une seule identité : je suis à la fois membre de la communauté 2SLGBTQ+, Autochtone, femme et une personne plus size, décrit celle qui utilise par ailleurs le pronom « iel » pour se définir. J’aime aborder toutes sortes de sujets, mais avec une perspective autochtone, par exemple, ou encore LGBTQ+. » L’étudiant·e revendique l’idée d’un journalisme « décolonisé » et veut retrouver l’aspect humain dans le journalisme.

Iel a contribué à des chroniques pour la plateforme web Espaces Autochtones de Radio-Canada et a été journaliste pour APTN.

Kijâtai s’engage également à travers les organismes tels que Puamun Meshkenu et le Wapikoni.

Iel a donné des ateliers de sensibilisation sur les réalités et les cultures autochtones en tant que personne ambassadrice de l’organisme Mikana. « J’ai donné, par exemple, un atelier pour l’ONF sur la façon de faire des collaborations artistiques avec des Autochtones. »

L’organisme autochtone Mikana, qui vise à créer des ponts entre allochtones et Autochtones, lui a permis de retrouver sa confiance en ses capacités et ses savoirs.

« Les personnes issues des Premières Nations, Inuit ou Métis peuvent apporter quelque chose d’enrichissant », croit Kijâtai, qui a également fait partie du Conseil jeunesse de Montréal Autochtone en 2019 et du comité aviseur jeunesse de la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec (volet jeunes autochtones).